« Il ne peut pas »

Le coaching c’est rencontrer et surtout écouter.

Écouter avec les oreilles, les yeux et le coeur.

Le coaching me permet de rencontrer un panel très varié de personnes aux expériences de vie originales. J’ai décidé de partager leur histoire en espérant qu’elle fera écho chez certains.

Afin de garder l’anonymat de chacun, tous les parents seront nommés Jean et Jeanne, tous les enfants Martin et Martine.

Bonne lecture.

 

Un sentiment de déjà-vu.

 

La plupart des parents que je rencontre ont les mêmes reproches ou critiques à l’égard de leurs enfants.

À croire qu’ils se passent le mot..

 

Un soir, je me suis assis avec Jean et Jeanne afin de parler de Martin.

« Martin est lent, Martin n’est pas autonome, Martin est reconnu x et y, etc. »

 

À les écouter, Martin est condamné à être assisté.

Pourtant, ils avouent être parfois agréablement surpris. Et c’est ça le pire !

 

Le pire n’est pas d’avoir un problème. Le pire est d’en avoir un et de ne pas réussir à l’identifier.

Martin n’est pas condamné puisqu’il se montre parfois débrouillard et efficace. En même temps, ses parents doivent le bousculer en permanence pour qu’il travaille à l’école.

 

La question est : Quel est le problème ?

 

Jeanne m’avoue avoir rencontré des spécialistes dont l’une disant que Jeanne materne trop Martin.

Hein ? Comment ?

Jeanne crie beaucoup, se fatigue beaucoup. Elle passe son temps à presser Martin et on lui dit qu’elle le materne trop ?

 

Croyez-le ou non, cette spécialiste a raison.

 

Jeanne le materne, aux mauvais moments et pour les mauvaises activités.

Comme beaucoup de parents, quand les résultats scolaires ont commencé à diminuer, Jeanne a réduit les activités de Martin.

Comme il est encore jeune, elle lui accorde parfois le droit de s’amuser pleinement. Ainsi, à son jeune âge, Martin a l’école comme activité principale.

Idéal pour se concentrer, n’est-ce-pas ?

 

Justement non !

 

Aujourd’hui, c’est Jeanne qui se concentre sur l’école, plus que son fils. C’est elle qui ressent le stress des évaluations, la pression des billets de retard, la frustration des mauvais résultats, etc.

Martin, lui, vit tranquillement sa vie en s’habituant aux cris de sa mère.

 

Martin n’est pas très motivé par l’école alors on lui retire tout ce qu’il aime pour le forcer à aimer l’école.

C’est une pratique très répandue et inefficace.

 

« Ce n’est pas à vous de forcer ! »

 

Voilà ma réponse.

Martin prend du temps à se préparer le matin ? Ce n’est pas à Jeanne de se presser avec la peur du billet de retard. S’ils arrivent en retard, Martin se débrouillera.

 

« Oui mais je ne veux pas qu’il ait des problèmes ou des mauvaises notes. »

 

Le travail de Jeanne n’est pas de protéger Martin du monde. Son travail est de préparer Martin. En lui évitant tous ces problèmes, elle charge son dos. Elle porte le monde de Martin et le sien sur ses épaules.

 

Martin ne travaille pas alors qu’il a du temps ?

Sait-il seulement gérer son temps ?

En une séance, j’ai compris l’intérêt d’enseigner à Martin ce mot : ORGANISATION.

 

Martin est un enfant adorable et volontaire.

Il a aussi quelques défauts. Il faut avouer qu’il est un peu naïf et facilement distrait.

Est-ce insurmontable ? Non ! Faut-il fermer les yeux ? Non !

 

J’ai donné à Martin une trentaine d’exercices à faire en 2 jours et il les a faits.

Ce n’était pas parfait, c’est vrai. Pour un enfant qu’on dit fainéant et lent, c’est une belle démonstration de son réel potentiel.

 

La différence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait.

 

J’ai laissé Jean et Jeanne avec un message simple :

Poussez-le, stressez-le et quand il est prêt à craquer,

offrez-lui une solution.

 

Non ! Arrêtez ! Je ne suis pas un monstre !

J’ai confiance en l’amour comme en l’empathie de Jean et Jeanne.

 

L’objectif est que Martin prenne conscience de ses faiblesses et de l’intérêt de les travailler.

Qu’il comprenne enfin l’intérêt de s’organiser, de se presser parfois et de faire le travail dans les temps.

 

En séance, quand Martin me montre un exercice avec des fautes, il recommence. Quand son écriture n’est pas parfaite, il recommence.

En séance, l’objectif n’est pas qu’il fasse beaucoup. Je veux qu’il sache faire BIEN, même si c’est peu.

 

Par contre, à la maison, l’objectif est qu’il soit autonome et organisé.

Pour cela, il doit d’abord comprendre qu’il ne l’est pas. Il doit comprendre qu’à ce jour ce sont ses parents qui font tous les efforts.

 

La surprise pas surprenante.

 

Le lendemain de notre discussion, une petite progression a été remarquée.

Le cartable était déjà prêt, Martin faisait lui-même son petit-déjeuner, etc.

 

En quoi ce n’est pas surprenant ?

Martin savait déjà faire tout ça, il avait juste besoin qu’on lui laisse le champ libre.

Bizarrement, on a tendance à faire tout le contraire de ce qui est nécessaire.

 

Jean et Jeanne n’avaient pas totalement confiance en les capacités de Martin et Martin leur donnait de bonnes raisons de douter.

Faire confiance malgré les doutes est un risque. Au pire, Martin leur prouvera qu’ils ont raison.

 

Êtes-vous prêts à prendre ce risque ?